Acceptation des reines vierges en Nucléi

Présentation

Les taux d’acceptation des reines vierges introduites sont très variables. La littérature témoignent de chiffres allant de 67.8% à 90% ce qui corroborent les déclarations des apiculteurs qui nous font eux aussi part d’une grande irrégularité dans leurs pourcentages d’acceptation. Ces discordances entre les études, revues et témoignages révèlent que de nombreux facteurs encore mal compris influencent ces taux : techniques apicoles, génétique, météo, environnement, type de cage utilisée, caractéristiques de la reine…

Afin de mieux comprendre quels facteurs influencent les acceptations et de quelle façon, nous avons mené une étude prenant en compte l’âge des reines lors de leur introduction, leur poids à l’émergence, la durée d’orphelinage de la colonie d’accueil ainsi que l’état de cette dernière.

 

Elevage de cellule royales

Protocole expérimental

Sélection des reines :

Toutes les reines utilisées lors de l’expérimentations sont des reines Buckfast, issues du greffage d’une souche élevée sur Auzeville-Tolosane. A l’émergence, les  reines sont pesées avec une balance de précision et marquées avec des pastilles pour faciliter leur suivi et leur identification dans la colonie.

Cagette d’introduction :

Les reines sont ensuite encagées dans des cages NicotPlast® avec des accompagnatrices, renouvelées tous les trois jours, et placées en couveuse à 28°C.

Préparation et évaluation des Nucléis :

Les Nucléis sélectionnés ont subi des temps d’orphelinage allant de J0 à J12.

Leur état avant l’introduction des reines a été estimé grâce à la méthode COLEVAL. Cette méthode permet d’évaluer les pourcentages de surfaces de couvain ouverts et fermés, d’abeilles, de miel et de pollen de chaque face de chaque cadre (pour en savoir plus sur la méthode COLEVAL, cliquez ici). Cette estimation a permis de classer les Nucléis selon leur « force » relative : forte, moyenne ou faible. Ainsi, l’influence de l’état de la colonie d’accueil sur la réussite de l’introduction a pu être prise en compte.

Introduction des reines dans les Nucléis :

Deux séries d’introductions de reines ont ensuite eu lieu entre le 29 mai 2018 et le 29 Juin 2018, à J0, J3, J6 et J9. Onze reines par modalité J on été introduites, soit 44 reines par série d’introduction et 88 reines au total. L’introduction s’est faite verticalement entre deux cadres.

La libération de la reine pouvant prendre parfois plus de 24h, la vérification des acceptations a lieu 48h plus tard.

 

Vérification de l’acceptation des reines

Résultats

Influence du poids à l’émergence et de l’état des réserves :

Après analyses des données, nous n’obtenons pas de différences significatives d’acceptation des reines en fonction du poids à l’émergence. Un tendance favorable semble tout de même s’observer lorsque les reines pèsent plus de 260 grammes. Mais l’effectif de cette catégorie de poids étant assez réduit, nous ne pouvons en juger avec certitude. De plus, ces résultats contredisent certains articles scientifiques spécifiant que les ouvrières seraient capables d’estimer le potentiel reproducteur des reines en fonction de leur taille (et donc de la taille de leur spermathèque), et qu’il s’agirait d’un facteur influençant leur acceptation.

Influence de l’âge de la reine :

En revanche, nos données démontrent une influence de l’âge des reines sur les taux d’acceptation. Celles introduites à JO présentent le meilleur résultats avec plus de 80% de réussite. Puis les taux d’acceptation diminue avec l’augmentation de l’âge de la reine introduite. Ces résultats nous incitent à encourager les apiculteurs à introduire les reines vierges le plus rapidement possible après leur émergence. Cependant, ils sont aussi à considérer avec du recul. En effet, ils vont à l’encontre de la littérature dans laquelle il est noté une augmentation de la production d’un des composants de la phéromone de la reine, le 90DA. L’augmentation de la production de ce composant s’accompagne d’une augmentation de la réponse positive des ouvrières, attirées par la reine.

Influence de l’état du couvain :

Comme indiquée sur la figure ci-contre, il n’y a pas de différences d’acceptation entre les colonies ayant un couvain jugé comme « fort » ou « moyen ». En revanche il y a une différence significative avec celle ayant peu de surface de couvain. On peut donc en conclure que les colonies « faibles », présentant de faibles surfaces de couvain, acceptent plus facilement une reine vierge que celle en ayant beaucoup.

Influence de l’état des réserves :

Il n’a pas été relevé d’influence de l’état des réserves sur les taux d’acceptation de reines vierges.

Histogramme des taux d’acceptation des reines vierges en fonction de leur âge

Histogramme des acceptations de reines vierges en fonction de l’état du couvain de la colonie d’accueil

Pour plus d'informations

Voir aussi : Introduction de reines vierges, 2021

 

Des questions sur l’acceptation de reines vierges en nucléis ? Contactez Alice Rouzes pour le secteur Ouest de la région ou Anne-Laure Guirao pour le secteur Est.